"Les Nouvelles de la Colline"

en chantier "Néo-Orfilien"

dimanche 13 juillet 2008

"Que tal" lu

« Les Nouvelles de la Colline », chantier « néo-orfilien »

mercredi 21 mai 2008
« Que Tal, François ? ou Le Blog'Orfil »

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« Rédac’Orfil », l'équipe, a écrit le mercredi 21 mai 2008 à 01:31 am
Objet : avant propos

Ces dernières semaines, nous avons eu le plaisir de vous présenter une fiction en cours d'écriture, intitulée, « Que tal, François ? ou Le Blog'Orfil ». Cette improvisation réalisée par un collectif d'écriture constitue une « déclaration d'amour très locale ». Elle préfigure une fresque, un « roman d'amour global » dont nous vous informerons sur le devenir.

« Réfléchissant à ma proposition, je me disais qu'il y avait probablement un danger à lire ce récit, celui de se laisser convaincre que la liberté est à ce prix. »
Shéhérazade

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« Rédac’Orfil », l'équipe, a écrit le samedi 17 mai 2008 à 04:41 am
Objet : s'énoncer

Les « Néo-Orfiliens » écrivent ou s'écrivent. Pad, William Paddington, fildefériste-conteur, écrit à Jo, Johanna Toupin, célèbre comédienne, régularisée « Orfilienne » par amitié. Faites comme lui, comme Pad, envoyez vos textes, vos idées, vos billets d'humeur, vos chroniques à :
chronic’orfil@mayfair.com

lundi 07 avril 2008
Pouvoir s'orfiler

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Pad a écrit le lundi 07 avril 2008 à 11:59 pm
Objet : s'épouser

Jo, ma jolie Jo,
Alors j'ai dit à Lau, tu sais, Laurence, Laurence Durkheim, la critique de « l'Express », je lui ai dit quand elle m'a demandé :
- Mais que fait Jo, sur des tréteaux, sous ce chapiteau à saltimbanques en lambeaux ?
J'ai dit :
- T'as pas vu, Lau, comme elle est belle, Jo ? Dis-moi, Lau, t'as pas vu Jo, non ?
On sortait de la Cartoucherie à Vincennes, ta ménagerie brillait dans la nuit, on roulait vers Paris pendant que tu repliais les accessoires de « L'Homme qui rit », vers la coulisse.
Lau, elle a dit au volant de son fiable et robuste Land Cruiser :
- Partie d'avec Brigitte Jacques, escales chez Bernard Sobel ou Christian Ritz, on ne l'attend pas forcément entre la cage du lion borgne et celle des singes catarrheux !
- Enquête plutôt, sur qui nourrit les fauves, Lau, j'ai dit, au lieu d'éplucher le rapport du contrôle sanitaire réglementé par le ministère de tutelle. A l'autre bout de la pique qui embroche la bidoche avariée de Daktari, tu trouveras John, le fondateur, devenu manchot, du bastringue de Cornouailles. On quitte tous les deux Jo à l'instant, sur scène. Jo, elle se donne à voir, pour nous, comme seul John, ne l’aimera jamais.

Tu as donc dîné avec Louis Lhombre, ton Lou à toi, notre poète thaumaturge parisien, en vue, à nous tous.
( « T'as vu le dernier spectacle de Lhombre. Non ? Vas-y, c'est beau. Comment dire, c'est juste et c'est beau, quoi ! » -un autre témoin, plus en verve, exulte- « Il faut absolument aller voir le dernier Lhombre, social et politique, c'est trop beau ! Jean Vilar est revenu ! » )

Pendant mes nuits encore libres, j'écris ta scène de retrouvailles avec Louis. Son personnage de l'auteur est élégant, féminin, ce qu'il faut, souriant comme « l'Immaculée Saint Nazaire ». Ses mains flottent, en suspension, au dessus de vos assiettes et enchantent la conversation. Sa générosité s'arrête à la subtile limite de sa courtoise retenue. Sa discrétion est bordée par sa pudeur d'apparat, prisée chez les « Windsor ». Le personnage féminin, le tien, est vêtu du vaporeux ensemble de Blanche dans « Un Tramway Nommé... » d'Elia Kazan. Rêvons ce tête-à-tête boiteux entre Blanche de Bois et Tennessee Williams, un soir de fol espoir. Elle porte sous son irrésistible robe de mariée, une ceinture lourdement chargée d'explosifs. La soirée se passe dans un esprit de franche camaraderie, « next age » convenu.
Je t'en dirai plus.

« Que tal, François ? », mon récit que tu reçois depuis quelques mois par épisodes, s'élabore au rythme de ma promenade-surprise. Je m'étonne moi-même, comme pour une cueillette aux morilles, découvertes souvent derrière l'arbre qu'on n'attend pas.
Te rendre visite, au centre du monde ? L'idée ne me manque pas. On en parle ?
Je t'embrasse.
Pad.

dimanche 13 avril 2008
Goya grave

les "lus", améliorations techniques en cours d'installation. Merci de votre compréhension, NDLR.

Estelle, fidèle Orfilienne et chauffeure de son état, patiente souvent en file, à la station de taxi, Place Gambetta. Estelle a vu l'expo « Goya, Graveur », au Petit Palais, programmée jusqu'au 8 Juin.

 

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Estelle Jacquet-Prior a écrit le dimanche 13 avril 2008 à 05:23 am
Objet : cette lettre lue

Bonjour Néorfiens,
Je ne me trompe pas. Le sujet de mon récit évoqué hier dans mon dernier message à l'équipe de « Rédac'Orfil » est bien le sourire imperceptible de la lectrice peinte par Goya, son torse irradiant, sa longue jupe noire, « encre de poulpe », l'ombrelle inclinée de sa complice, le chuchotement des lavandières à l'arrière et les barres de la cité au lointain mais aussi ce que ne me raconteront jamais un historien d'art, un commissaire d'expo ou un conservateur de musée : la banquette libre dans la salle du musée face à l'œuvre d'art d'où je me contemple, moi, Estelle, blogueuse épistolière. Le voisinage du panneau gauche me ricane son « Que Tal ? » cadavérique. Résonne alors en moi cette « seconde d'éternité » suspendue dans mon désir qui me murmure l'érotique de la phrase, la caresse des mots et bien d'autres histoires intimes encore.
Ma première rencontre avec cette divine et goyesque liseuse est une vieille histoire de famille.

Jacques Prior, mon oncle, le pop'artiste français, somnole aujourd'hui paresseusement, grâce à son manifeste « Grand Déjeuner Sur L'Herbe », œuvre emblématique de sa lointaine jeunesse, au bord de sa piscine californienne.
Je suis sa nièce, seule héritière vivante des trésors artistiques conquis par le fruit de son authentique génie pictural parfois reconnu. L'oncle Jacques possède un fond remarquable sur la correspondance privée du peintre officiel à la cour madrilène : Francisco Goya. L'accès libre à cette documentation m'a permis d'extraire de façon certaine la lettre, le double, celle que le peintre figure dans la main droite de la Toledina, lavandière plus connue sous le nom de María del Pilar, duchesse d'Albe dont l'artiste est amoureux fou. Francisco s'y attribue, dans cette peinture, le petit rôle du Yorkshire-Terrier docile, frétillant et quémandeur. De son affection débordante, vous appréciez comme moi, sa mise en scène malicieuse dans une lumière de « Quartz » indécents.

A vous, chers Néorfiens, de débusquer cette lectrice présente sur une seule lithographie datée de 1819 dans l'expo du Petit Palais à Paris. Son implication scénique directe diffère mais la Toledina, la cible, est encore et toujours là.
Le diptyque exposé au Palais des Beaux Arts de Lille dont le panneau droit s'intitule, « La lettre ou les Jeunes » et le panneau gauche, « Que tal ? ou les Vieilles » est issu d'un ensemble plus vaste de neuf éléments : « Ennéade d'un jour mais de nuits aussi », également en possession de Jacques et décrit minutieusement dans le courrier personnel de l'artiste espagnol.
A la demande de mon oncle auprès de la conservation du musée lillois, « La Lettre » et « Que Tal ? », ces deux sujets indissociables ont renoncé à leur parade dans la Rotonde éclairée par de joyeux vitraux consacrés à la promotion des artisanats d'art dont les industriels du nord furent très friands.
Pour le nouvel accrochage, un espace plus discret a été préféré dans la salle du haut, à côté des deux « Gréco », propice à l'enchantement.
Les sept panneaux absents de Lille sont entreposés dans le coffre d'une banque à New York. Mon oncle négocie activement avec un grand musée international pour créer l'évènement majeur de ce début de siècle en matière artistique. Il révèlerait à la connaissance du public, cette œuvre dans son intégralité, inouïe et cachée depuis deux cents ans.

Quelques heureux savent la chose pour en avoir seulement entendu parler. Dévoiler « Ennéade d'un jour mais de nuits aussi » relèguera le bicentenaire du « Dos y Tres de Mayo » à Madrid au rang d'agréable péripétie.
Une telle exposition créerait un choc mental comparable à l'effet produit par la découverte des quatre gamins qui s'engouffrèrent à la suite de leur chien en 1940 dans un boyau souterrain. Ils mirent à jour, ce 12 septembre là, dix huit mil ans après leur disparition dans l'oubli, les fresques de Lascaux. Howard Carter en 1922, fascina le monde entier avec sa trouvaille : la tombe intacte de Toutankhamon. Avant Paolo Veronese, il faut se dire, Néorfiens, qu'aucun œil n'avait vu à cet instant là de l'humanité, ce vert là.

Une envie peu commune de Caprices avec Goya vous démange. Tous les chauffeurs de taxi, Place Gambetta connaissent Estelle, la chauffeure-guide. Je vous embarque pour Lille à partir du 25 avril et vous offre en prime ma traduction originale de cette lettre signée : « Francisco Goya » et intitulée : « a la Toledina (los veinte de enero, dos mil y ocho) ».
Il est un peu plus de cinq heures du matin. Je vous souhaite à tous, un bon réveil. Je planque en ce moment à Roissy 2, en course immobile toute la nuit. Il fait un temps de chien, magnifique.
Bloguez, faites-nous comprendre ce que vous croyez comprendre. Soyez patients avec le blog, on y gagnera et lui aussi.
A vous lire.
Estelle.

dimanche 27 avril 2008
c'est parti…

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Estelle Jacquet-Prior a écrit le samedi 26 avril 2008 à 05:17 am
Objet : cette lettre relue

De retour vers vous,
Je rentre à l'instant de Lille. Au lieu d'enquêter parmi mes potes chauffeurs, autour de la Place Gambetta comme je l'ai indiqué dans mon premier message sur « Blog'Orfil », François Ziegler a trouvé plus court de me contacter par le blog en personne. Au rendez-vous pris à l'angle de la rue des bien nommés « Partants » et la rue des Pyrénées, à cinq heures du matin dans la seule Brasserie ouverte de si bonne heure, François ne cache plus sa surprise devant moi lorsqu'il découvre une femme si jeune qui lui sourit. Amateur avisé de bowling, j'imagine, il juge au premier coup d’œil dans quelle catégorie de boules classer mon crâne  impeccablement rasé de frais. Nous glissons sur l'autoroute Nord en direction de la capitale des Flandres. A dix heures, ultimes cafés bus à la baguetterie en face du Palais des Beaux Arts, François et moi patientons sous les immenses portes d'entrée qui s'ouvrent à l'heure affichée devant une esplanade lumineuse, cette lumière douce du nord.

Je défais mon bagage, je souffle et je suis à vous. J'ai fait part de mon amusement auprès de l'équipe « Rédac'Orfil » quant à l'apparition d'une rubrique « Petites Annonces » sur le blog. A quand celle de la météo ou bien l'autre, incontournable, celle des faits divers ? Les derniers évènements survenus, rue Orfila, en mon absence, l'alimenteront sans difficulté.
Bises orfiles,
Estelle.

[suite]

Posté par nouvdelacolline à 19:47 - "Que tal, François ? ou le Blog'Orfil", lu - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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