mercredi 3 décembre 2008
du rail au ciel
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Jean-Paul a écrit mardi 02 décembre 2008 à 15:59 pm
Objet : gênant
Pour un traitement plus digne des étrangers.
A. Spire
On ne peut ouvrir les portes pour accueillir tout le monde,
mais on peut au moins traiter les personnes avec dignité.
Mireille Moreau, bénévole à la Cimade
ALEXIS SPIRE,
Accueillir ou reconduire.
Enquête sur les guichets de l'immigration,
Raisons d'agir, 2008, Edition
124 p. ISBN : 978-2-912107-44-2
Chaque année, l'administration française délivre plus de 2 millions de visas (de tourisme, surtout), plus de 660 000 titres de séjour dans les préfectures, et 20 000 autorisations de travail dans les directions départementales de l'emploi et de la main-d'œuvre. L'auteur, qui s'est fait embaucher un temps comme « guichetier vacataire » dans un service préfectoral, a mené plusieurs enquêtes sur les personnels chargés de recevoir les étrangers, entre 2003 et 2007 ; son étude n'est pas rassurante, malgré les nuances qu'elle s'impose et son souci d'éviter les généralisations excessives.
Les services en contact direct avec les étrangers demandeurs de visas ou de titres de séjour, sont les moins attrayants et donc les moins demandés par les personnels administratifs : les employés y sont en moyenne peu qualifiés et vivent cette affectation comme un échec personnel, compensé par une relative sécurité pour les fonctionnaires titulaires (les vacataires à statut précaire, de plus en plus nombreux, constituant cependant un quart des effectifs) ; les plus conformistes, les plus attentifs au discours de la hiérarchie, qui transmet les préoccupations du pouvoir, y trouvent aussi des possibilités de promotion qu'ils n'auraient pas dans des services mieux considérés, même si leur salaire demeure inférieur au niveau de responsabilité qui leur est conféré.
La hiérarchie exerce sur ces personnels une pression efficace au nom d'un devoir d?efficacité, la performance exigée supposant qu'ils ne perdent pas de temps à l'examen de cas individuels parfois complexes, qu'ils limitent au maximum l'écoute des « assujettis », soupçonnés d'être des fraudeurs.
Alors que dans une administration normale, les « clients » peuvent se faire entendre et « réclamer », ici, la pression du nombre de demandeurs, les conditions de travail difficiles, sont compensées par un sentiment de supériorité sur ces derniers.
Bien entendu, le capital social et relationnel de certains étrangers un peu moins « étrangers » ( !) leur donne accès à toutes sortes de dérogations dans les consulats, qui disposent de « bureaux des relations publiques », accordant les visas dont les demandeurs sont recommandés. N'évoquons pas ici les cas de corruption d'agents en relation avec la demande de visas, signalés comme monnaie courante par le rapport Gouteyron (27 juin 2007).
A. Spire insiste sur le pouvoir discrétionnaire des agents subalternes et de l?encadrement intermédiaire, montrant que le décalage traditionnel entre les instructions des circulaires et les pratiques s'accroît. Les hauts fonctionnaires qui écrivent (les circulaires) se trouvent contraints (dans un climat d'intense politisation) de procéder par euphémisation et laissent aux agents intermédiaires le soin d'appliquer ce qu'ils n'ont pas pu expliciter. Deux préfectures de départements différents n'interprètent donc pas de la même façon les textes qu'elles ont reçus. Mais la tendance à restreindre les droits des étrangers est, elle, générale : Le nombre d'étrangers accédant pour la première fois à une carte de dix ans est passé de 39 697 en 2003 à 24 133 en 2006 (d'après le Rapport du comité interministériel de contrôle de l'immigration, décembre 2007), soit une baisse de 60 %. Ce primat du provisoire est un moyen de rappeler à l'étranger qu'il n'est pas un sujet de droit et de mettre à l'épreuve sa volonté de se maintenir sur le territoire. Dans le cadre de ce compte rendu, nous n'évoquerons pas les obstacles opposés aux artistes africains qui se rendent en France .
L'auteur se garde de peindre des guichetiers qui seraient tous xénophobes, même si les récits d'humiliation jalonnent l'histoire de l'administration de l'immigration. Il distingue, à côté des entrepreneurs de morale, qui adhèrent et font adhérer au discours dominant du pouvoir, les pragmatiques, indifférents aux conséquences humaines de leurs décisions et refusant d'admettre la singularité de leur travail, les réfractaires, très minoritaires, souvent plus instruits et diplômés, qui, la plupart du temps, partent pour d'autres services. Les personnels d'origine étrangère ou venus d'outre-mer, surreprésentés aux guichets d'accueil des étrangers, ne constituent pas les gros bataillons des réfractaires : ils n'éprouvent pas plus d'empathie à l'égard des demandeurs car le passé migratoire de leurs parents peut très bien les conduire à se construire en opposition aux étrangers d'immigration plus récente. De même, certains fonctionnaires noirs ou métis endossent des postures particulièrement répressives pour s'assurer une place à part entière parmi les entrepreneurs de morale.
Que signifie cette expression ? Fidèle à la théorie voulant que les classes dominées se fassent les gardiennes les plus rigoureuses de l'ordre établi, parce qu'il a au moins le mérite de leur garantir leur place au sein d'une organisation disposant de repères fixes, l'auteur explique que ces petits fonctionnaires, déstabilisés, mal considérés, inquiets quant à leur avenir et à celui de leurs enfants (ne vivant pas non plus dans les meilleurs quartiers avons-nous envie d'ajouter), ont la conviction de se trouver en première ligne d'un juste combat : En protégeant l'État contre les demandes formulées par des étrangers (?), les agents de l'immigration sont convaincus de se protéger eux-mêmes, de défendre le modèle social français.
Accueillir ou reconduire ?, on s'en doute, ne convaincra pas de revenir sur leurs positions ceux qui jugent nécessaire et possible de maîtriser l'immigration. Tel n'est d'ailleurs pas son propos. Mais A. Spire a réussi une étude passionnante sur ces personnels auxquels « nous » déléguons de graves responsabilités et qui représentent la France. Pour notre honte parfois.
Les ministres chargés d'une politique votée par un Parlement à la demande d'un gouvernement élu, dont nul ne conteste la légitimité démocratique, ou leurs proches, se sont-ils jamais trouvés dans la situation de ces étrangers traités par les consulats ou les préfectures ? Est-il impertinent ou d'une naïveté extrême de poser la question, de rêver d'une État qui, sans renoncer à l'exercice de ses droits de contrôler, de protéger, de disposer du monopole de la violence, saurait se rappeler qu'il a aussi des devoirs ? Le respect de l'autre, surtout quand il est en situation d'infériorité, ne devait-il pas être au cœur de la mission, qui restera très difficile, des services associés à l'entrée ou au refus d'entrée des étrangers en France ?
Jean-Paul
dimanche 9 novembre 2008
sans plus de poilu
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Claire Paulhan a écrit
samedi 08 novembre 2008 à 23:17 pm
Objet : pas perdu
La Jeunesse morte
Jean Guéhenno
Le 18
novembre 2008, aux :
éditions Claire Paulhan
roman inédit
La Jeunesse morte est le premier et seul roman que
Jean Guéhenno (1890-1978) ait jamais écrit : inédit jusqu’à ce jour, ce
récit autobiographique évoque la Grande Guerre, sa Grande Guerre. Tout comme Jean Guéhenno, Toudic, le héros de La Jeunesse morte, est un jeune provincial, d’origine modeste, qui a réussi le concours de la rue
d’Ulm. Doté d’une « foi farouche en la puissance des idées », Toudic croit
en l’importance des livres et des maîtres, en la grâce de la paix et de
l’amitié. Au Quartier latin, il a deux compagnons normaliens, Hardouin et
Lévy (inspirés par les figures, bien réelles, de Marcel Etévé et d’André
Durkheim), avec lesquels la vie « était magnifique et adorable tout
ensemble »... Mais un archiduc autrichien est assassiné à Sarajevo, puis Jean Jaurès, et voici toute leur génération qui sombre dans le « bruit de la
guerre », sous les encouragements de Maurice Barrès, d’Albert de Mun et des
« vieillards » qui gouvernent la France. L’ardeur de ces jeunes gens, qui
se veulent des « hommes nouveaux », nourrit dans un premier temps leur
enthousiasme à défendre la patrie. Bientôt résignés à faire leur devoir,
ils sentent monter indignation et révolte : « Les mythes en eux étaient
morts. Ils savaient que la ligne de feu était une ligne de cadavres, que
les balles qui vibrent autour des hommes couchés n’étaient point un vol d’abeilles, que le sang au soleil était horrible à voir, et fiers
d’être vainqueurs, ils avaient honte d’être des hommes. »
C’est le début d’un
cauchemar, ponctué d’événements terribles : Lévy est tué ; Toudic,
grièvement blessé, est évacué vers l’arrière où il apprend la mort de
Hardouin. Désormais, Toudic-Guéhenno a charge de la mémoire de ses deux
amis, dont la « mort inutile » pèsera moralement sur son parcours
d’intellectuel dans le siècle…
Aucun éditeur ne voulut publier ce «
roman lyrique », commencé en décembre 1917 et achevé en octobre 1920. Ni
l’oubli, ni l’inaction ne furent donc permis à Jean Guéhenno : « Beaucoup
de nos amis sont morts tandis que nous avons la chance de vivre ; mais avons-nous le droit de nous reposer ? »
C. Paulhan
Edition établie par Philippe
Niogret,
annotée par Patrick Bachelier, Philippe Niogret et Jean-Kely
Paulhan,
préfacée par Philippe Niogret et Jean-Kely Paulhan.
288 pages. 33
photographies et fac-similés noir et blanc.
Repères bio-bibliographiques.
Annexes: 3 fragments autobiographiques inédits de
J. Guéhenno.
Isbn : 978-2-912222-29-9. Prix public: 32 €.
Comptoir de
vente (pour les libraires et les particuliers) :
Librairie Les
Autodidactes, 53, rue du Cardinal-Lemoine, 75005 Paris.
Editions Claire
Paulhan
85, rue de Reuilly
75012 Paris
01 43 41 47 38
(répondeur)
http://www.clairepaulhan.com
lundi 23 juin 2008
domenica
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Madame Efpebe a écrit le dimanche 15 juin 2008 à 04:56 pm
Objet : Salute !
Je me suis à nouveau promenée dans le site. J’ai aimé certaines photograhies de Romain Pomah, il vend ?
Je n’aime pas : pouvoir neo-orfiler . De quelle nostalgie est-ce porteur ? !
Le livre sur les papillons est charmant.
Problème :
Je voulais envoyer une affiche de mai 68, concernant le travail, à une amie irannienne qui venait de m’entretenir 45 minutes sur les conditions d’embauche et de travail pour elle et son mari ! AFFREUX ! l’affiche synthétisait tout ce quelle m’avait dit ! DOMMAGE. Quand je la copie (copier/coller) je n’ai que :
"Les Nouvelles de la Colline" etc.
° Affiches Mai 68
J’ai essayé plusieurs techniques de chargement. NIET ! Voulu ?
Question : il me semble que les photos débordent la rue Orfila, on part de la rue Orfila et on tombe sur ? Si je ne me trompe pas… faudrait le dire ? Dans le cas contraire, c’est moi qui ne connais pas la rue Orfila en entier !
Amicalement et salute ! A la prochaine visite donc !


