jeudi 26 février 2009
au fil
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Phil a écrit dimanche 25 janvier 2009 à 11:25 am
Objet : féré
BORBORYGMES
N° 11 car tant que ça bouge encore.
N° 12 vous allez me dire ce sont des mots?
Dans le sympathique capharnaüm qui occupe l’espace de la boutique, les "Nouvelles de la Colline" recèle des perles comme ces fascicules de BORBORYGMES, revue de littérature et d’images. Quelle surprise de découvrir en ces temps si peu propices au ravissement, un élégant livret mélangeant poèmes et textes courts. Quel bonheur.
Julien Derôme et son comité de lecture manifestent, dans la cohérence de leurs choix, l’éclosion sinon d’une école, d’une famille d’auteurs trentenaires et des références décalées (le chanteur Allain Leprest ou l’éclectique Jean-Claude Pirotte).
Pour un adolescent romantique pour qui la drague est le partage de l’émotion esthétique ( si ça existe encore), voici l’objet idéal pour toucher l’élue de son cœur (en tout cas, l’éprouver). Pour tous, c’est un bol de fraîcheur que de redécouvrir la poésie vivante. Aujourd’hui.
Autre chose que les bouses pseudo rimées du slam et de la nouvelle chanson française (Bénabar et consorts). Julien Derôme a créé une revue précieuse et rare qui met à l’honneur une langue simple et sensible. Le tirage en est bien sûr confidentiel, alors ne boudons pas notre snobisme, c’est un excellent investissement.
Phil.
PS: pour la dérisoire somme de 24 euros, la revue offre son intégrale dans un coffret de Noël. Je sais que je suis à la bourre mais cela n’ôte rien à la pertinence du packaging.
mardi 13 janvier 2009
si Phil siffle
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Phil a écrit dimanche 11 janvier 2008 à 09:58 am
Objet : double
« La belle vie »
De Jay Mac Inerney
Éditions de l’Olivier
Aux « Nouvelles de la Colline », on a pas peur de manier le concept et vous en aurez bientôt la brillante manifestation avec l’éclosion des « Images Voyou, Dirty Pictures ». Et dans un autre registre, New York après le 11 septembre, pitch du dernier roman de Jay Mac Inerney, ça c’est du conceptuel, coco…!
En fait la disparition du World Trade Center n’est que la toile de fond de « La belle vie » où l’on retrouve les personnages de « Trente ans et des poussières », œuvre générationnelle unanimement célébrée en son temps. Et Mac Inerney confirme définitivement son statut de chroniqueur de New York, moderne figure de l’Urbs.
Si l’objet du Roman est de témoigner de la réalité au travers d’une fiction, nous sommes face à un très grand romancier. Car loin du récit compassionnel et circonstancié, ce que Mac Inerney nous donne à voir c’est comment l’histoire de Russell et Corrine, le couple emblématique des Eighties, devient celle de Corrine et Luke dans le New York de l’automne 2001.
Le drame du 11 septembre n’est plus que la métaphore de la perte de repères que ressentent tous les protagonistes du récit. Et le prétexte pour certains de s’exorbiter d’une existence qui pèse subtilement, comme Luke et Corrine.
Au fil de son œuvre, qui commence à prendre une belle densité, c’est le portrait d’une génération, d’un monde, que s’attache à décrire Jay Mac Inerney avec un somptueux brio. Le dernier chapitre de « La belle vie » est un pur bonheur d’écriture et un petit clin d’œil proustien. J’espère sincèrement que l’auteur voudra bien prolonger l’exercice avec un troisième opus de ce qui deviendrait alors la saga des Calloway.
Bonne lecture et bonne année.
Phil
PS: Je sais bien que tout cela se situe entre TriBeCa et Park Avenue avec des héros CSP++, mais c’est pas du tout du Marc Levy. Je ne voudrais pas vous décevoir.
mercredi 3 décembre 2008
Maggy ? Ronald ? c'est qui ?
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Phil a écrit mardi 02 décembre 2008 à 22:05 pm
Objet : massif et cheap
BOOKS n°1
L’actualité par les livres du monde
Bimestriel
En kiosque.
Avec un tel sous-titre, aux « Nouvelles de la Colline » on ne pouvait
qu’être curieux d’un nouveau magazine promettant de flatter notre fibre
internationaliste. D’autant que ce numéro inaugural est proposé au prix d’appel
de 3 euro, argument décisif en ces temps de crise. C’est elle d’ailleurs qui fait le gros titre de la couverture sous
l’intitulé alléchant de « l’effet Panurge ». Le dossier se révèle décevant. La discussion s’organise autour d’une
analyse en termes de sociologie comportementaliste appliquée à l’économie, d’où
il ressort implicitement que le marché ne saurait avoir tort et que l’homme est
faillible. On notera sans surprise que tous les contributeurs appartiennent à
l’école anglo-saxonne. Cerise sur le gâteau, le dossier s’achève par un article ambigu sur le
krach des tulipes de 1637, premier phénomène désastreux du capitalisme
financier. Un distingué professeur britannique nous laisse entendre confusément
que les conséquences matérielles du krach furent moins graves que la polémique
qu’il souleva et l’image qu’il laissa à la postérité. Pour le moins audacieux
aux vues des arguments avancés. Le reste du magazine est à l’avenant; le patron des bibliothèques d’Harvard
vantant les vertus de Google et de l’édition en ligne, la dissidence en Corée du
Nord et, actualité oblige, un article très daté (1965) de Edmund Leach sur le
mythe Levi-Strauss. C’est pétrifiant. Et le premier choc passé, on comprend qu’on a entre les
mains un magazine grand public (c’est eux qui le disent) destiné à un lectorat
néo-conservateur, à tendance libérale, heureux de se familiariser avec le
vocabulaire des élites anglo-saxonnes. L’ambition, si tant est qu’on puisse
ainsi la qualifier, est de s’inscrire en face des publications référentielles de
l’intelligentsia de gauche. Tout le reste n’est qu’habillage marketing, grand avatar de la culture
américaine. Prêts pour le grand bond en arrière ? Avec BOOKS, les mânes de la Dame de
fer et de Reagan veillent pour vous. Phil PS: nos lecteurs attentifs auront sans doute remarqué la puissante campagne
d’affichages qui a accompagné le lancement de ce magazine; pour les hérauts de
l’acculturation, il n’est pas besoin de subvention.
samedi 29 novembre 2008
où Phil harmonise
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Phil a écrit samedi 29 novembre 2008 à 08:14 am
Objet : résilient
VIKTOR VAVITCH
De Boris Jitkov
Calmann-Lévy éditeur.
Avec quelque retard sur l’actualité éditoriale, les « Nouvelles de la colline » veulent attirer votre attention sur un solide pavé écrit dans les années trente par un obscur écrivain russe, refusé par la censure stalinienne et miraculeusement redécouvert à la fin du siècle dernier. Viktor Vavitch, héros éponyme du roman de Boris Jitkov, est devenu en moins d’une dizaine d’année une figure de référence au-delà de la culture russe. Miroir de toutes les contradictions du XX° siècle, Viktor et la multitude de personnages qui donnent sens à l’effervescence obscure de la révolution de 1905, couturière de la grande année 17, revivifient surtout la grande tradition du roman russe dans une forme épurée. Dans la lignée des œuvres profuses de Tolstoï et Dostoïevski, Jitkov nous offre un prototype brillant, anticipant discrètement l’atonie moderniste. Style, construction et moyens donnent au récit une vie quasi cinématographique. C’est peu dire qu’on se régale. Mais si nous vous parlons aujourd’hui de cette indispensable lecture, c’est pour remarquer que l’éditeur, maison ancienne et prestigieuse, a le concours du "CNL" pour cette publication. 741 pages de bonheurs ont besoin de l’aide des pouvoirs publics pour être proposé au public au même prix qu’une brève diarrhée d’une certaine Christine A. C’est déjà inquiétant. Et lorsqu’on songe que notre omniprésident se gausse de « La princesse de Clèves », on se dit que les futurs classiques du siècle qui s’ouvre auront bien de la peine à se faire entendre. On vous tiendra au jus.
Hasta siempre !
Phil
dimanche 23 novembre 2008
Buzz'Orfil
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Phil a écrit dimanche 23 novembre 2008 à 06:31 am
Objet : promotionnel (phase -1)
MERIDIEN RETROUVE
Aux « Nouvelles de la Colline », on se prépare au tsunami poético musical qui va bientôt déferler. Lundi 01 décembre, accompagnés de notre Pierre-Alain, Yas, princesse rebelle du Rn’B néo orfilien, et Grégory, défricheur d’espaces sonores, rentreront en studio pour graver une nouvelle plage musicale de ce pays.
Votre serviteur a eu le privilège de découvrir la maquette, encore bien imparfaite, et tente depuis de s’en remettre. Et comme vous, j’attends avec impatience d’entendre Yas nous révéler tout cela : texte, publié en avant première sur « Blog'Orfil » et puis musique, un impromptu de « Marta is around ».
Ami néo orfilien, vigilance inutile ! Bientôt tes ondes lanceront du hip hop postmoderne par Yas et Grégory.
MERIDIEN RETROUVE, choc salutaire qui, nous le savons, prépare une suite.
Sur le net et CD s’entendent déjà Yas avec « the Light Motiv ' », Grégory Casal dans « Bits of reality ».
samedi 15 novembre 2008
autres "créances pourries"
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Phil a écrit samedi 15 novembre 2008 à 08:38 am
Objet : pédagogique, leçon deux
POUR L’AMOUR DE L’ART
Nul ne pourra accuser « Les Nouvelles de la Colline » de mercantilisme sournois puisque l’ouvrage dont je vais vous parler ne figure pas dans la gamme prodigieusement diversifiée que propose cette sympathique échoppe.
Le JOURDE & NAULLEAU, puisque c’est ainsi qu’ils ont choisi de nommer leur précis de littérature du XXI° siècle, est une référence assumée aux « LAGARDE & MICHARD » de nos années lycée dont ils reprennent les grilles et le plan. Mais là où nos émérites professeurs nous initiaient aux mystères de la grande et éternelle littérature française au travers de l’analyse de ses figures emblématiques, leurs épigones facétieux ont du composer avec leur horizon qui, on l’espère vivement, n’est pas indépassable.
Car l’outil critique mis au point pour extraire la quintessence d’un auteur est d’une infinie cruauté lorsqu’on l’applique à la crème des auteurs germanopratins du jour.
Christine Angot, Alexandre Jardin, Anna Gavalda, Philippe Sollers, Florian Zeller entre autres bénéficient de ce filtre précis qui abouti invariablement au concassage de leurs prétentions artistiques. Le lecteur averti est pris d’une jubilation sadique en parcourant la notice biographique de Marc Lévy, sensation qui ne le quittera que longtemps après avoir fini le livre.
On pourra regretter certaines omissions (Grangé, Chatham, la prometteuse Faïza Guène ), comprendre des oublis (Beigbeder, tu ne seras jamais écrivain ), admettre l’absence de redondance (Musso… ), évoquer des ambiguïtés (Houellebecq, Nothomb ), on sort finalement rassuré de ce voyage au travers des lettres contemporaines. Pour paraphraser Coluche, quand on voit ce qu’on voit, on sait pourquoi on pense ce qu’on pense.
Soit ! Mais alors… Les auteurs que Jourde et Naulleau ramènent à leurs très humbles dimensions sont pourtant les champions de l’édition française. Les phares de notre culture et les sauveurs d’une industrie bien délabrée ; songeons un instant à la dimension d’un Bernard-Henri Levy (à défaut d’être profond , il se pourrait que je sois creux* )…
Et pendant ce temps, l’éditeur des gestes de Kramine Plétore et d’Olaf empile les invendus dans son modeste logis, encourant l’ire de sa dulcinée embarrassée par cet encombrant amoncellement. La FEMELLE du REQUIN diffuse à 500 exemplaires le fruit de son travail rigoureux et passionné pour des auteurs brillants et substantiels oubliés des médias. Et ce pauvre Pierre-Alain tente de survivre en écoulant diverses figurines totémiques mais miniatures (le char Tigre, la 2CV, les créatures de Manara en 3D, etc.).
C’était notre moment culturel éthique et vindicatif.
Vous pouvez zapper.
PHIL.
* la citation est tirée de « Fiasco » , délicieux roman de Mathieu Terence dont je ne parlerai pas car sinon vous ne le lirez pas.
dimanche 9 novembre 2008
re'Phil des baffes
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Phil a écrit
samedi 08 novembre 2008 à 05:40 am
Objet : menaçant, premier avertissement
OLAF CHEZ LES LANGRE
Luc Blanvillain
Ed. Quespire éditeur.
Quespire éditeur nous gratifie, une nouvelle fois, avec un savoureux OLNI _ Objet Littéraire Non identifié_ pour ceux qui n’ont pas fréquenté le germanopratin sans peine, catégorie dominante aux « Nouvelles de la Colline », j’imagine.
« Olaf chez les Langre » est un roman intriguant qui flirte avec les littératures de genre. Je ne voudrais pas déflorer la composition de Luc Blanvillain mais je peux assurer que le lecteur y trouvera du suspens, de l’action, des larmes et de sacrées bourrasques. L’écriture savamment épurée a la nervosité requise pour nous entraîner dans cet univers stylisé. On en redemande.
Une nouvelle fois, il nous faut saluer le flair de l’éditeur qui à l’appui des textes offre un format original et d’une merveilleuse commodité. Parfait pour le métro, tient dans la poche et patins couffin Enfin bref, un bel ouvrage.
Pour en revenir au beau roman de Luc Blanvillain, sa lecture évoque Oui Oui (le groupe d’Etienne Charry et Michel Gondry, voyons!), Jean-Yves Cendrey, Valérie Mréjen et tout ce courant de la jeune littérature française, descriptive ment clinique. Bien loin de l’autofiction flatulente chère aux suppléments littéraires; Jean Echenoz doit se sentir moins seul.
Pour finir, juste une confidence, la saga d’Olaf a réveillé le souvenir d’un roman emblématique de la poésie fantastique des années 70, « La vie comme une course de char à voile » de Dominique Douay, intrigue dickienne, lyrisme stupéfié et absurdité prémonitoire.
Bonjour chez vous.
PHIL
P.S: On me dit (car j’ai des sources sures au sein de ce blog) que la consultation de mes chroniques est inversement proportionnelle aux ventes enregistrées de leurs objets. C’est pas glorieux. Dois-je menacer de plus chroniquer avant la douzième réédition de « Grandeur et décadence de Kramine Plétore » ou massacrer quelques otages choisis tant que la saga d’Olaf dans son adaptation au petit écran n’aura pas supplanté « Plus belle la vie » ? Sérieusement, c’est à vous de faire exister une culture alternative aux platitudes dont nous abreuvent les médias. Et cela ne vaut pas que pour le livre.
samedi 1 novembre 2008
Or'Phil à pas d'heure, la métaphore
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Phil a écrit samedi 01 novembre 2008 à 05:45 am
Objet : matinal et sans soif
LE BAR
Alexis RAUTUREAU
Ed. QUESPIRE EDITEUR.
Aux « Nouvelles de la colline », on aime la ligne de cette maison d’édition, « Quespire Editeur », et c’est avec impatience que nous avons dévoré sa dernière livraison. Et on s’en est pris une bonne; c’est inhérent à la fréquentation des bars et celui d’Alexis Rautureau ne déroge pas à la règle. « LE BAR », est un texte puissant, introspection morose servie par une langue superbe. Le lecteur est subtilement entraîné dans ce questionnement spéculaire qu’un dégrisement relatif et la solitude des petits matins favorisent. Cette connivence de comptoir n’est pas le moindre exploit que réussit ce bel ouvrage, et on se prend à attendre la suite…
Texte de saison tant son spleen automnal résonne avec ce moment infiniment diffracté qui affecte notre raison pratique en ces temps de débâcle. L’éditeur peut se féliciter de son flair, Alexis Rautureau est une pépite rare dont on peut attendre mieux que ce très bel exercice de style.
On est content pour eux mais, de grâce, un peu de légèreté. Nous sommes sur le site exclusif ( et on le comprend) de Troulou et Tralala. Allez, la prochaine, c’est pour moi.
PHIL.
jeudi 18 septembre 2008
Kiwi à reluire
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Phil a écrit mercredi 17 septembre 2008 à 05:40 pm
Objet : mais, c'est chez qui ? *
Il est malheureusement probable qu’en cette rentrée littéraire « les Nouvelles de la Colline » soit le seul média d’envergure à promouvoir l’excellent ouvrage de Régis Passager, tout juste alourdi par un laborieux sous-titre qui ferait frémir le moindre apprenti marketeur (si le lecteur permet ce douloureux néologisme bien dans l’air du temps).
Nous sommes particulièrement fiers de défendre cette geste épique qui fait bien plus qu’honorer la littérature sportive en se plaçant d’emblée parmi ses plus grands chefs d’œuvre. Car au-delà du récit des exploits circonstanciés de Kramine la Pine, c’est bien la figure d’un héros de notre temps qui se dessine sous la plume élégante de l’auteur.
Son enracinement nippo-poitevin lui confère paradoxalement sa dimension universelle; le jeu (aussi stupide soit-il…) est ce que les hommes partagent le mieux. Régis Passager se démarque assurément de cette littérature sans estomac que dénoncent Jourde et Naulleau.
Faute de connaître la suite des aventures de notre héros, nous pouvons rêver aux adaptations cinématographiques qu’elles devraient susciter. La richesse sémiologique du texte autorise toutes les approches, de Kaurismaki à Kassovitz en passant par Kurosawa ( même s’il est mort). Tant qu’on évite Shyalaman et autres Bessonneries, ça devrait le faire.
L’impressionnante mise en avant réalisée par votre libraire préféré (enfin tout est relatif…) témoigne que l’ouvrage a trouvé son public. Il mérite bien plus que les prix de saison, votre parfaite considération.
Phil.
* réponse : "mais, c'est chez Quespire". (NDLR)
Grandeur et décadence de Kramine Plétore ou l'essor de l'économie nippone par l'introduction de Chat-bite au Japon, de Régis Passager; Quespire editeur
samedi 2 août 2008
moins deux, revue
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Phil a écrit samedi 2 août 2008 à 09:44 am
Objet : "Bunker", deux doigts, pas plus
Revue Bunker, Livre Moins II; ed. Au Fond du Grenier.
Couverture d'une sobre austérité, tout juste éclairée par une citation de Deleuze et Guatari, très beau papier, sans doute imputable à la générosité du Conseil Régional de Lorraine, sommaire délicieusement abscons, aux titres grandiloquents; indiscutablement de quoi piquer la curiosité de tout lecteur qui se targue de culture.
Cette séduction facile, superficielle, est compensée par la lecture des articles. Trapus, m'avait-on prévenu... En fait, seulement pénibles. Le premier texte revendique l'appareil critique issu du situationisme avec une gravité touchante. Au premier abord, j'ai cru à un pastiche mais il s'agit juste d'une sincère adulation.Les références charriées dans le reste de la revue témoignent du tempérament poétique des auteurs : René Char, Artaud, le lettrisme. Patronage, certes valeureux mais terriblement daté. Et hormis l'intervention six, pour reprendre la terminologie des auteurs qui révèle une jolie plume, la lecture laisse un durable sentiment d'irritation.
Mais après avoir vigoureusement vitupéré, on s'aperçoit qu'on discute de thématiques, de figures bien éloignées de la presse "Lagardère", et ça, c'est précieux. On se prend d'affection pour ces garçons cultivés, naïfs et sensibles. Au moins, ils essaient, eux; et nous voilà renvoyés à nos propres velléités. Ne serait-ce que pour cela, il faut lire cette revue.
Ces dernières années, le paysage éditorial a vu floraison de revues littéraires; il faut croire que les auteurs défendus par "Télérama" et "Lire"ne suffisent pas à apaiser la soif des vrais amoureux de l'écriture. Il leur appartient d'affirmer leurs valeurs, leurs choix, leur esthétique. Avant que Sarkozy décide de s'en occuper.
Voilà pourquoi il faut défendre "Bunker" qui permet à des soldats perdus de s'apercevoir qu'ils ne sont pas seuls, même s'ils se sentent isolés. A l'extrême, cela constitue un support original de drague. J'imagine que les lecteurs de la revue ne sont pas majoritaires parmi les blogueurs de ce site, il serait pourtant intéressant, même ex-nihilo, que vous nous disiez ce que vous attendez d'une revue littéraire en ce début du XXIème siècle.
Ah oui ! dernière précision, la revue coûte 10 euros; l'originalité de l'objet et la possibilité de permettre à un jeune intellectuel de rester propre à ce prix là, cela ne se refuse pas.
Phil.







